lundi 14 juin 2010

Teen Comedies

En ce moment, je rattrape un peu les œuvres que je n'ai pas eu le temps de voir (en intégralité ou en tout court), et par le plus grand des hasards, je me suis trouvé à regarder en parallèle deux sitcoms aux thématiques similaires.

A ma gauche, The Inbetweeners, comédie anglaise de format court (20 minutes et des saisons de 6 épisodes) narrant l'arrivée d'un pauvre type dans un nouveau lycée. Du haut de ses lunettes, de son accent british trop marqué et de son petit côté prétentieux, Will trouve pourtant très vite un groupe auquel se rattacher. Ce quatuor, composé d'un amoureux transit, d'un vantard invétéré et d'un électron libre totalement allumé, n'est clairement pas dans le haut du panier quand il s'agit de faire la liste des groupes les plus cool du lycée. Cependant, la fine équipe n'est pas non plus totalement à l'ouest et se retrouve ainsi entre deux eaux, dans les strates intermédiaires. "In between", donc.



Produite et diffusée par la populaire E4, chaine qui n'a peur de rien puisqu'ayant déjà produit des programmes aussi déviants et jouissifs que Skins, Dead Set et The Misfits, The Inbetweeners voit un de ses héros vomir sur le petit frère de la fille dont il est amoureux depuis toujours (un effet d'une puissance comique incroyable), un autre se vanter d'illusoires "coups du siècle" sur lesquels il base toute sa réputation, et ses protagonistes parler crument de sexe à tout bout de champ comme tout bon pré-bubère qui ne pense qu'à cela à cet age.
La série est blindée de potentiel, qu'il s'agisse du lieu de l'action(l'achat d'une bagnole, un tour au camping, la fête de fin d'année) ou de persos aux concepts amusant (le père du vantard est supposé gay par tout le monde). Cependant, le show ne peut s'empêcher d'alterner entre vannes bien trouvées et situations creuses car poussées par la droiture du schtroumpf à lunettes qui lui sert de narrateur. A l'image du personnage inventé par Peyo, Will est parfois touchant quand, sans prévenir, une belle et populaire fille le drague et le guide dans son lit (ça sent le coup fourré mais en fait non), parfois à baffer quand il ruine toutes les occasions qui lui sont offertes pour briller, alors qu'il préfère se raccrocher à une sacro-sainte morale que personne ne lui impose, même pas une mère que ses potes rêvent de mettre dans leur lit.
Un programme aux éclats mi-figue mi-raisin donc, qui m'a déjà poussé en plein épisode à me demander pourquoi je continuais à regarder, amis qui m'a tout de même souvent récompensé. Je n'ai à ce jour vu que la première saison, on verra si ça s'arrange par la suite (car j'ai tout de même envie de voir la suite, soit 2 autres saison à ce jour).



En tous cas, tout le contraire de Aliens in America (à ma droite), une sitcom cette fois américaine qui a unanimement séduit la critique lors de sa diffusion sur la CW en 2007/2008. Une estime qui lui valu d'ailleurs d'être jugée par ces mêmes critiques meilleure sitcom de l'année, ce qui ne l'empêcha malheureusement pas d'être très vite annulée.
Comme The Inbetweeners, Aliens in America parle d'un groupe de lycéens loin des sphères de la hype, alors que le jeune Justin (Dan Byrd, qui joue le fils de Courteney Cox dans le récent Cougar Town du papa de Scrubs) a toutes les peines du monde à vivre sa scolarité sereinement. Pour l'aider, sa mère saute sur une opportunité présentée par le principal et signe pour accueillir un étudiant étranger dans le cadre d'un programme d'échange. Surprise : au lieu d'un beau suédois qui reboosterais son ego en étant son meilleur pote, Justin voit débarquer un pakistanais musulman (forcément pratiquant, génial dans l'Amerique post 11-Septembre), à la naïveté et à l'enthousiasme dégoulinants.



Pour bien faire, Aliens in America commence par quelques passages obligés : la famille panique d'abord et Raja (Adhir Kalyan, depuis en duo avec David Spade dans Rules of Engagement) découvre émerveillé les US avant que Justin ne soit touché par la spiritualité de son nouveau pote et que la mère revienne sur son envie de rendre cette marchandise défectueuse, réalisant que l'orphelin n'est au final qu'un simple gamin (snirfl)).
Un terrain balisé mais efficace qui trouve tout son charme dans une suite intelligente et bien menée, surtout bourrée de situations à s'étrangler de rire quand, par exemple, Raja ment pour la première fois (dans des disproportions incontrôlables) ou qu'il se force à l'inverse à dire la vérité sur l'inexistant club de fabrication de fusées monté de toutes pièces par Justin pour que son étouffante mère le laisse tranquille de temps en temps (et tout le monde sait que musulman + roquette ça fait bon ménage aux US).
Sans temps morts, les scénaristes (des anciens de Just Shoot me/Voila ! et Mind of Mencia) arrivent à utiliser toutes les opportunités offertes par leurs postulat de façon légère et amusante (pour ne pas dire plus), et en profitent pour s'adresser intelligemment à leur public via des sujets plus fondamentaux que prétextes (la puberté, le désir, le regard de l'autre, tant sur la culture que sur les simples rapports humains entre ados, adultes, et parents/enfants). Ou comment rendre addictif et hilarant des sujets qui peuvent paraitre pompeux sur le papier.

Alexandre Aster regrettait encore récemment (dans la dernière émission en date de J'irais Loler sur vos tombes pour être précis) la propension de la comédie française à volontairement se définir comme un genre idiot. Pour lui, la Comédie est plutôt un "vernis" qui peut s'appliquer à tous les genres, et qui ne peut créer un lien avec son public que si elle est au service d'une véritable histoire. Aliens in America est un bon exemple de cette idée, idée à laquelle on ne peut que souscrire quant on jette un œil aux comédies avec Will Ferrell, malheureusement trop méconnues de notre grand public, pour s'en convaincre (ca se voit que j'ai enfin vu Step Brothers hier soir ?). A ce jeu, Aliens in America triomphe glorieusement, et brille d'autant plus qu'elle ne le fait que durant 18 épisodes.

Cerise sur le gâteau, on y retrouve aussi Lindsay Shaw, actrice dont le charme (comment ça j'ai des goûts bizarres ?) m'a poussé cette saison à dévorer 10 things I hate about you, une autre comédie annulée dans la fleur de l'âge.
Quoiqu'il en soit, si vous avez un jour l'occasion de jeter un œil sur cette petite perle, n'hésitez pas, vous m'en direz des nouvelles !

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