lundi 26 juin 2006

Building with the confort of life's experiences

Nuit.
Un énorme terrain vague qu'on croirait presque à l'abandon si ce n'est d’énormes rails s'élançant vers l'horizon, accompagnés de monticules et de crevasses parallèles suggérant déjà le béton qui recouvrira cette future autoroute.
Aux alentours, la forêt, qui profite de ces derniers mois de répit avant le cortège journaliers de bruit et de gaz d'échappement, nous offre un ciel divin, immense, à la fois rassurant et imposant, nous rappelant l'immensité de l'espace de jeu qui nous est offert. On pourrait se croire petit et insignifiant, mais on se sent puissant et avide.

En haut d'un talus, j'admire l'infini. Le ciel relativement couvert et la lune absente nous offrent une lumière bien particulière, emplie de nuances et de surréalisme. Les deux chers amis qui m'ont accompagnés jusqu'ici, tout deux vêtus de tonalités chargées se détachent du décor éthéré comme si ils étaient les seuls choses réelles dans mon champ de vision. On se croirait seuls sur terre face à la nature, alors qu'à quelques centaines de mètres à peine une chaleureuse et agitée fête de mariage que nous ne tarderons pas à rejoindre est sur le point d'être assaillie par des super héros d'un autre age. Un weekend inoubliable.
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L'obscurité empli la salle. Soudain des étoiles apparaissent, accompagnées dans leur danse d'une mélodie familière, dont les origines nous transportent vers une enfance maintenant étrangement lointaine. On traverse des galaxies, on assiste a des explosion stellaires. Et peu important si les effets sont cheap et que le métrage qui va suivre est une légère déception, rien que ce souffle d'introduction valait le déplacement. Supermec reste une valeur sure.
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Les basses emplissent la salle, emplie de monde comme rarement. J'entrapercois quelques personnes équipées de boules Quiès, mais j'ai fait mon choix. Il est hors de question que j’atténue la finesse des aigus malgré la puissance térrassante du son qui me cloue presque au sol, et à cause duquel mes oreilles paieront un lourd tribu pendant les jours qui suivront. Chaque saut, chaque pas, chaque coup de coude est fonction de cette ensorcelante musique. Compressé, tiré, poussé, assailli de toutes parts, moi-même je pousse, latéralement et verticalement. Je fais partie de cette marée humaine qui s'est rassemblée pour célébrer TOOL, agressive mais bon enfant. Malgré les avertissements et l'hypnotisme, nombreux sont ceux qui fument ou passent leur temps à regarder la chose à travers leur cyclope électronique pour immortaliser ce qu'ils devraient vivre. La performance s'en ressent quelque peu, mais la puissance et la justesse des compos font tout de même vibrer la salle comble. L'air frais se raréfie et au bout de presque une heure, je me trouve face a un choix cornélien. Profiter à fond et succomber et temporairement m'enfuir pour garder ma conscience et revenir de plus belle. Le genre de choix qui me font aimer la vie.
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On gère pas toujours bien cette vie qui est la notre, surtout quand d'autres personnes sont concernées. On aime, on blesse, on interprète, souvent mal, les intentions de l'autre et même parfois les notres, mais on passe finalement son temps à se construire. Le fun de la chose c'est justement de générer ces ptis moments extraordinaires que personne d'autre ne vit. Je dis personne d'autre parce que personne ne peut les vivre pour nous. Et parfois même personne ne pense a profiter de ces occasions que l'on rate si on n'y fait pas attention. Ces petites parenthèses, ces bouffées d'air frais qui cassent le mainstream. Ces chapitres parenthèses qui donne à la fois le sel et la particularité d'une vie par rapport a une autre.

Générez les. Apprenez à les voir ou à les redécouvrir. Et si vous les vivez, rappelez vous de les apprécier. Ainsi la vie redeviendra une expérience de chaque instant et non un interminable chemin balisé.

Cheers !