mardi 5 janvier 2016

Publicity done Right !

I had to post this ! :love:

Main character : Daniel Cloud Campos
Director : Michael Gracey
Music : Re-orchestration of the very iconic Flashdance music « she’s a maniac » (I can't wait for this to be available on iTunes)
Agency : BETC Paris




Source.

vendredi 31 juillet 2015

MANN VOLUME 1 - Jeremy Mann et son art

For the english version, please click here.
//Chose promise, chose due, voici la version française de l'article.



Pour tout amateur et amoureux des arts, il y a certaines opportunités qu'on ne peut laisser passer. Pour rien au monde. Comme assister à la dernière rétrospective de Moebius à la Fondation Cartier par exemple. Idem pour un nouveau livre rassemblant l'essence des travaux de Vania Zouravliov ou lorsque James Jean sort un de ses Process Recess. Et peu importe ce que cela coûte, puisque A/ le livre en question va se vendre si vite que ça va vous donner le tournis et que B/ Si jamais la chance revient de voir cet ouvrage à nouveau disponible à la vente, on priera les cieux pour qu'il ne coûte pas au moins dix fois son prix d'origine -mais vous pouvez êtes sûrs que ce sera le cas-.
Surtout, vous regretterez nuits et jours la possibilité d'apprécier ces incroyables œuvres à loisir, et de pouvoir en apprendre quelque chose.

Autant vous dire que lorsque j'ai appris la mise en oeuvre d'un livre reprenant les travaux du peintre Jeremy Mann, il était hors de question de contempler une quelconque hésitation.

Ce que je veux dire, c'est qu'il y a de bons artistes. Certains sont même merveilleusement talentueux. Et puis il y a ceux dont, par leur puissance, l'exquise appréciation de leur travail ne nécessite aucune connaissance artistique. Parce que leur travail vous chamboule en votre for intérieur. Le travail de Jeremy Mann est de cette étoffe. Il a la capacité de vous éblouir. En voyant ses oeuvres, on perçoit le travail, on en remarque les évidents coups de pinceau. Mais le coup de génie est que ce processus ne nuit pas au résultat final, bien au contraire : il vous place à l'exact bord entre le réel et le fantastique. Cette juste frontière entre le plaisir immédiat et la nostalgie intangible. Comme cette idée de percevoir les détails d'un souvenir avec une précision cristalline, sans pour autant réussir à capturer   à nouveau l’événement dans son ensemble. Voila ce que Jeremy Mann fait à votre âme. 
Inutile le préciser, quand quelqu'un vous présente ce type d'expérience, vous devez lui rendre hommage. 


Du haut de ses 384 pages, ce livre stupéfiant se propose de revenir sur les sept premières années de production de l'artiste, survolant quelques 10 ans de carrière, de sa première exposition groupée en 2005 (le "50/50 show" au sein de la 1300 Gallery à Cleveland dans l'Ohio) à sa récente Expo solo en juillet dernier à la Pence Gallery de Los Angeles, galerie dont il est un artiste résident. 
Proposant d'innombrables reproductions détaillées aux couleurs vibrantes, ce livre est un fantasme devenu réalité. Ne vivant pas aux US, je n'ai toujours pu que rêver de voir ces peintures de mes yeux, et ce livre nous en offre l'expérience la plus proche.
Après quelques mots d'introduction de John Pence et de Justin 'Coro' Kaufman, le spectacle commence.

En ce qui me concerne, je connais surtout le travail de Jeremy Mann à travers deux types d’œuvres. d'une part, ses 'Cityscapes', et de l'autre ses 'Portraits' (respectivement des portraits de ville et des portraits féminins).


Vivant surtout à Los Angeles et voyageant occasionnellement à travers le monde, Jeremy Man dessine ce qu'il voit tous les jours, et autant dire que sa vision des villes se pose en parfait décor pour tous types d'histoires. Tragédie, Romance, Film Noir, à vous de choisir. Un parfait premier acte pour débuter. Au cours de ces 150 premières pages, Jeremy Mann nous balade au travers d'humeurs citadines humides, claires, aux ambiances principalement nocturnes ou crépusculaires. Elles sont peuplées d'âmes dans une agitation lointaine, saturées de voitures mais sans anaérobie urbaine. Car les espaces vides qu'elles dépeignent ou délimitent finalement vous offrent cette précieuse respiration d'après pluie. Ce sentiment de rosée matinale sans une goûte en vue. Cette subtile vague de chaleur avant la tombée de la nuit, là où l'heure magique semble durer des heures (ce qu'elle fera ici). On peut sentir cette espace et y plonger. On s'y baigne. On ressent cette suspension, comme si nous avions tout le temps du monde. Et avec ce point de vue à hauteur humaine, de la rue ou d'une fenêtre, l'artiste nous offre l'expérience de sa vue propre. Et qui ne voudrait pas s'y repaître...








C'est la même chose pour les portraits féminins. Même si personnellement, j'ai du mal avec cette appellation pour ce qui nous est proposé sur les 142 pages suivantes. Le mot  'impressions' ne colle pas non plus. 'Instantané' encore moins, même si une double page nous fait la faveur de partager un mur de polaroids, révélant un peu de la magie qui opère entre l'artiste et ses modèles.





Une nouvelle fois, je ne suis pas un critique d'art. Je ne suis pas érudit en la matière -pas de façon classique en tous cas-, et j'en suis encore moins un professionnel. Peut-être que la définition du mot colle parfaitement à ce qui se passe ici. La seule chose que je sais, c'est ce que j'aime et ce que je ressens. Et ici, je sens le point de vue de Jeremy Mann. Bien sûr puisque ces portraits -j'ai vraiment du mal avec ce terme qui me semble trop restrictif -  sont très explicites dans ce qu'ils veulent transmettre. Chacun connait l'expression qui veut que les yeux soient le miroir de l'âme. J'ai d'ailleurs toujours trouvé que c'était le meilleur moyen de savoir qui est la personne qui se trouve en face de moi -et on m'a souvent dit que regarder les gens de cette façon faisait partie des choses qui me définissent-.
Les peintures de Jeremy Mann mettent également l'emphase sur ce principe.




L'âme des modèles peints ici se trouve où se trouve leur regard. Quelle que soit leur direction (vers le sol, en eux-mêmes ou fuyant), on voit et ressent face à nous un être qui se met à nu, timidement mais sans honte. Fier mais empli de doute, souvent à la croisée des chemins entre la route prise et celle dont on rêve ou qu'on a laissé passer. Les teintes, souvent bleues ou blanches et généralement monochromatiques, soulignent cet effet d'aperçu furtif au tréfonds de l'âme, cette respiration éphémère qui semble durer éternellement, ce moment auquel l'esprit revient toujours. Bien sûr, cela aide que les modèles soient magnifiques. Mais elles le sont parce leur représentation transpire de la toile. Comme une rencontre, s’échappant de la fin d'un concert de métal dans une maison gothique, ou retranchée à l'issue d'une soirée rock dans une baraque victorienne. La voici, coupée du nombre dans cette pièce recluse, contemplant le présent en besoin d'une pause. Ce moment le plus exquis, juste avant que la magie nous enivre...






Comme précisé plus haut, je connaissais majoritairement le travail de Jeremy Mann au travers de ses Cityscapes et de ses portraits féminins, et j'ai donc particulièrement apprécié ces deux premières parties. 
Dans la troisième section, "Still life", on plonge cette fois non pas dans ce que l'artistes nous offre, mais plutôt dans son jardin secret. Bien que la majorité de cette section se compose d'études et de natures mortes comme le titre l'indique, quelques unes des oeuvres présentées ici dévoilent une partie de sa psyché et de ses intérêts. Je trouve particulièrement parlante le tableau "Kitten" -qui nous place face a un crâne de chat cloué sur  mur de briques- ou "The rabbit foot series", étude sur un trousseau de clé avec une patte de lapin, mais je svis m'abstenir d'imposer mon interprétation de la chose, les initiés n'ayant pas besoin de mes maigres lumières.
Je sais que cela me parle.






Dernière partie mais non des moindres, 'Compositions' nous propose une approche alternative aux "Cityscapes". Résolument monochromes, ces oeuvres se distinguent vraiment de celles proposées précédemment en cela qu'elles sont bien plus unidimensionnelles. Elle se rapprochent bien plus d'ancien clichés. De majestueux colosses, du genre que l'on retrouverait dans le grenier d'un millionaire récemment trépassé, souvenirs saisissants d'un illustre Citizen Kane.




J'ai voulu écrire cet article avant de lire les 4 pages rédigées par Jeremy Mann a l'issue de ce gargantuesque ouvrage parce c'est d'une part une conversation que je veux garder pour moi, mais également parce que je ne voulais pas qu'elles influencent ce que je pensais de son travail jusqu'alors. Mais ces pages sont bien ici afin que tout le monde en profite, servant de conclusion a cet extraordinaire bastion.



Voila, un modeste hommage a ce livre et à un artiste qui est un cadeau pour cette terre. J'espère que cela vous a donné envie de connaitre un peu plus son travail si ce n'est pas déjà le cas, et éventuellement d'acheter une de ses oeuvres, ou tout du moins de vous procurer cet ouvrage que je vous recommande chaudement.




MANN VOLUME 1 est en vente sur le site de l'éditeur 827INK. Comme vous l'avez deviné, il vaut largement ses 95$, même si l'on inclus les 60$ supplémentaires qu'il a fallu rajouter pour que ça arrive en France (le pavé pèse tout de même 4,5 kg. Dimensions : 31.5 x 32 x 4 cm). 

Pour plus d'infos, vous pouvez aller faire un tour sur le site internet de Jeremy Mann ou visiter la page qui lui est dédiée sur le site de la John Pence Gallery, y flâner et voir quelles oeuvres y sont encore disponibles à la vente.

Pour finir, sachez que l'artiste est le sujet d'un documentaire réalisé par le talentueux réalisateur  Loic Zimmermann.
Intelligemment titré A Solitary Mann, le documentaire a été diffusé pour la première fois le 23 juillet dernier au Roxie Theater à San Francisco. Si comme moi, vous êtes dépités de ne pas pu avoir assister à la projection, sachez que le film sera disponible en ligne à partir de décembre prochain.
En attendant, vous pouvez profiter de la bande annonce ci-dessous. 

A journey into the world of Oakland based painter Jeremy MANN.


mercredi 29 juillet 2015

MANN VOLUME 1 - Jeremy Mann Artbook Review

For once this article is in english. I'll make a french version available later this week.
//Pour une fois, j'ose poster un article en anglais. J'en posterais une version française plus tard dans la semaine. EDIT:: Done



As an art lover and enthusiast, there are a few book opportunities you know you don’t want to miss. Ever. Moebius doing his last big retrospective at the Fondation Cartier was one of them. Same goes for a book with a compendium of Vania Zouravliov’s work or James Jean editing a new Process Recess. And it doesn’t matter how much those cost, because A/ the book will sell out so fast it’ll make your head spin and B/ If you witness it pulling its head back the sunlight again, you’ll wish it won’t cost 10 times as much as when you could buy it -unfortunately, it most certainly will-.
But first and foremost, you’ll regret too often not being able to gaze into that great and chilling art that made you want to buy it in the first place, and learn from it.

So when I heard the marvelous Jeremy Mann’s Volume One book was in the works, I didn’t even want to think about hesitating. 

I mean, there are artists that are good. Some other that are really astounding. And then, there are artists you don’t need to know anything about art to enjoy. Because their work speaks volumes to your very core. Jeremy Mann’s work is of that cloth. It has the ability to amaze. Watching the paintings, you see the work, the obvious strokes of paint. But the genius is, here, the process doesn’t take anything away from the final piece. Au contraire, it gives you that precise edge between what’s real and what’s fantasy. That just frontier between present enjoyment and fading nostalgia. Like you just remember the details without being able to remember the full picture clearly. This is what Jeremy Mann does to you soul. 
Needless to say, when someone shows you that kind of perfection you can only dream of, you have to pay it tribute.



With a staggering 384 pages, this book embraces the first seven years of the artist’s body of work, spawning on a ten year exhibit run from a first group exhibition in 2005 (« 50/50 show » at the 1300 Gallery in Cleveland Ohio) to his latest « Solo Exhibition » this July at the Pence Gallery in San Francisco, where he is a resident artist. 
Showcasing the wonderful oil paintings or the artist in crisp and precise detail, this book is a phantasm come true. I’ve only dreamt of witnessing this art in person, living so far outside the US and all, but this book gives us the next best thing. After intros from John Pence and Justin ‘Coro’ Kaufman, The show starts.

To me, Jeremy Mann’s art is mostly represented in two kinds of pieces. 'Cityscapes' and 'Portraits'.



Being a living soul of San Francisco and travelling all over, Jeremy Mann draws what he sees everyday, and boy do those cities and landscapes look like perfect theaters for any kind of story. Drama, Romance, Film Noir, you name it.  And what a perfect great act to set the score. In the first 150 pages, Jeremy Mann lets us roam the gravity of those wet, foggy, mostly nocturne or dusky moods. It’s crowded without faces, agitated but afar, saturated with cars but without that suffocation feeling streets. Because the empty spaces always give you a full breath of that fresh after-the-rain atmosphere. That morning dew without a drop in sight. That stroke of gentle heat before nightfall, where the subtle magic hour seems to last forever (and here, it will). You can FEEL that space and dive in. You’re there. You feel that pause, like you have all the time in the world. With that eye level point of view from the street or from a window, you’re offered that experience of living through the artists’ eye. And wouldn’t you just want to stay there...








Same goes with his female portraits. But that’s wrong. Portraits doesn’t feel like an appropriate word for the next 142 pages. Impressions doesn’t cut it either, by a long shot. Snaps wouldn’t be true either, even if we are offered two pages of Polaroids that give us a glimpse of the magic that went on between the models and the artist.




Again, I’m not an art critic. Or should I say, I’m not a scholar or a professional one. Maybe my definition of the word is wrong and it fits spot on with what's going on there. Me, I just know what I like and know what I feel. And, as I’m sure I’m not the only one, I feel the focus of Mann POV. Of course because the portraits -I really have a problem with that word here because it feels like so much more- really are explicit in what they want to convey. We’ve all heard that saying of the eyes being windows to the soul. And I’ve personally always thought it to be the only way you can know who you have in front of you -I’ve once even been told that’s one of my characteristics, staring people straight into the eyes-.





Jeremy Mann paintings seem to emphasize that very same law. The soul of his models are where they look. Whether it be down, straight or away, you feel you have in front of you someone that is baring her very being, shy but never shameful. Proud but filled with doubt, often at the crossroad of the path taken and the one dreamt or passed. The often blue and white almost monochromatic bias underline that snapshot feel into the soul, that gone forever breath that seemed to last eternally, that moment you’ll always go back to in your mind. Of course, it helps those models are beautiful. But they’re beautiful because they feel real. Like you’re meeting someone, escaping from the after-party of a metal concert taking place in a gothic house or a rock themed wedding in a Victorian home. And here she is, away from it all in that special place, pondering on what’s happening and wanting to take a pause. This is just before the magic happens, and isn't it the most beautiful part of it…






As I said before, I mainly knew Jeremy Mann’s work from his Cityscapes and his female Portraits, so I quite enjoyed the last two parts of the book. 
In 'Still Life', we seem to dive this time not into what the artist gives us, but in what he feels. Even if most of this chapter is composed of studies, a few of those paintings divulge a part of his preferences in subjects and interests. I especially find ‘Kitten’ -where we see a cat skull nailed into a brick wall- or ‘The rabbit foot series’ compelling but I’ll refrain from any type of conclusion as to what it means -or should mean- to anyone. I'll just say it speaks volume to my core and I like it.






Last but not least, ‘Compositions’ give us another side of the Cityscapes story. Being monochromatic, those pieces are really quite different from the ones in the first part of the book in the way they seem more unidimensional. They feel like beautiful old snapshots. majestic colossus you could find in the attic of a recently deceased millionaire, vibrant memories of a Citizen Kane.



I wanted to do that review before reading the 4 pages of Jeremy Mann’s statement at the end of that MASSIVE book because that’s a conversation that I want to keep to myself, and I didn’t want it to influence what his work meant to me and the reasons I bought this art piece. But that statement is there for everybody to enjoy, putting that wondrous masterpiece to a close.



There it is, a little modest review and tribute to a book and artist that’s a gift to this earth. I hope you enjoyed it and will give a thought to buy this masterpiece before it’s gone, if not want to buy one of the original pieces of art them selves. 




MANN VOLUME 1 is on sale on the 827INK website. As you’ve guessed, it’s well worth the 95$ it costs, even if you add shipping (weights 9 Lbs/ 4,5 Kgs, cost me 60$ more to have it shipped to France and i don’t regret one cent of it. Dimensions are 12,2 x 12,6 x 1,6 inches / 31.5 x 32 x 4 cm). 

For more, you can have a look at Jeremy Mann’s Website or go to his page on the John Pence Gallery Website, browse art and see what pieces are still available for sale.

On a final note, please be aware that Jeremy Mann is the subject of a 40 minutes documentary by the talented filmmaker Loic Zimmermann.
The film is called A Solitary Mann and was premiered last week on July 23rd at the Roxie Theater in San Francisco.

If like me you're sad you couldn't make it, take solace in the fact that an online released is scheduled for this December.
In the meanwhile, you can feast your eyes the trailer down below.



A journey into the world of Oakland based painter Jeremy MANN.