dimanche 27 juin 2010

Coup de Coeur : Big Nothing

Parfois, il y a des films que je me garde dans un coin, en attendant d'être motivé pour les voir ou en attendant qu'un déclic se fasse.
Ce soir, c'était au tour de Big Nothing de passer à la casserole. Déjà alléchant niveau casting (David -Ross de Friends- Schwimmer et Simon -Shaun of the dead- Pegg, accompagnés de la jolie mais peu connue Alice Eve), la chose a atterri au top de ma liste de visionnage quand j'ai réalisé qu'elle était le second film de monsieur Jean-Baptiste Andrea, co-responsable de l'excellent mais trop sous-estimé Dead End (ça fait bien de dire que cette perle avec Ray Wise est sous estimée, car si ceux qui l'ai vu en font toujours les louanges, ils ne sont pas assez).


Big Nothing, c'est l'histoire de Charlie (D. Schwimmer),  un romancier sans chance et sans le sou. Aujourd'hui mis au pied du mur, Charlie se force à prendre le premier job qui lui tombe sous la main histoire de soutenir sa petite famille (une femme chef de police et une petite blondinette mimi habitant dans un trou paumé). Mais malgré ses efforts, le sort s'acharne et le gus est incapable de garder un simple taf de standardiste. Au bout du rouleau, il accepte la proposition de son collègue Gus (S. Pegg) : arnaquer un pasteur client de sites pédophiles et se faire un paquet de thunes ni vu ni connu. C'est là que tout commence à partir en sucette.


Sur le papier, Big Nothing utilise déjà un de mes points de départ préférés : un gars dans la merde, toujours droit, toujours honnête, qui se retrouve dans la pire des situations suite à une seule et unique décision à la con. Le postula, loin d'être moralisateur en dépit des apparences, a l'avantage de placer un véritable héros dans une situation bien pérave avant de nous laisser deviner si, oui ou non, il va s'en sortir. Généralement, cela donne quelque chose de grand, comme le très bon Red Rock West (John Dahl, Nicolas Cage), et les variations accouchent elles aussi de très bonnes pelloches (remplacer le bon héros par un flic pourri à la moelle et vous obtenez l'implacable Roméo is bleeding (Peter Medak/Gary Oldman)).


Jouant sur l'économie de personnages (une grosse dizaine en tout et pour tout du début à la fin du film), Jean-Baptise Andrea nous livre une belle fiesta de vannes dans laquelle les coïncidences idiotes, les retournements de situations et les accidents fortuits sont légion. Tout dégénère très vite, les cadavres s'accumulent aussi vite que les bons mots et le script est assez intelligent pour comprendre les mécaniques des genres qu'il visite (polar, whodunit, avec une touche de film noir) et contourner les attentes du spectateurs afin de le surprendre avec une régularité qui force le respect.
Plus sombre et possédant des protagonistes mieux établit, Big Nothing n'est pourtant pas sans rappeler le Serial Lover de James Huth, tant de part son humour (le grand guignol en moins) que par sa propension à faire la chasse au temps mort. On ne s'y trompe d'ailleurs pas, le réalisateur et scénariste travaillera ensuite sur Hellphone, troisième film du sieur Huth qui, entre deux grosses licences relativement inégales avec Jean Dujardin (Brice de Nice puis Lucky Luke), sait livrer des pépites autrement plus personnelles.


Rajoutons à cela le fait que les dialogues et les réactions font souvent mouche, que les acteurs sont loin de décevoir, que certaines élucubration sont fournies sous forme animée et qu'une bande son bien rock (Rammstein, Eels, Noir Désir...) et il est inutile d'aller plus loin pour vous conseiller ce film qui remplira bien mieux votre temps qu'un énième nanar tout pourri boursoufflé à grands coups de dollars.
Surprenant, fun, presque touchant par moment, Big Nothing mérite bien mieux que la sortie à la va-vite en DTV dont il a bénéficié en Octobre dernier. Au moins, ça lui permet de ne couter que 5€ sur amazon, et d'être la petite galette que vous rajouterez à votre panier en bonus lors de votre prochaine commande...


Big Nothing - 2006
Réal : Jean-Baptiste Andrea
Int : David Schwimmer, Simon Pegg, Alice Eve, Natasha McElhone, Jon Polito, mimi Rodgers...
Bonus Dvd : bande annonce, making of (14"), Simon Pegg's video Diary (11"), Simon Pegg vu par David Schwimmer (et le reste de l'équipe. 2"30), Galerie Photo.

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