vendredi 2 juillet 2010

Japan Expo 2010 : What We Always Dreamed Of

Impossible de ne pas avoir le sourire grand jusqu'aux oreilles à l'issue du premier jour de la 11eme édition de la Japan Expo. Je me souviens encore des premières éditions ayant pris place à la Défense, à l'époque ou je faisais partie de l'équipe de la librairie d'import Katsumi : un terrain de handball et demi de surface, une maigre salle de conférence avec des projos éparses, et le sentiment de faire partie d'un mouvement underground pseudo confidentiel. Un peu comme si la mairie d'une petite ville de banlieue avait prêté sa salle communale aux amateurs de cahiers d'images Panini.
A l'époque, les mangas s'achetaient en V.O. avec toutes les peines du monde, la convention de l'année était l'occasion pour les vendeurs de faire venir les plus beaux artbooks du Japon (des ouvrages aux prix exorbitants) et les VHS d'animés (parfois des copies de laser disques transcodées en Pal, le summon de la hype) circulaient sous le manteau. Inutile de dire qu'un petit otaque de l'époque aurait une montée d'endorphines aussi fulgurante que fatale à la vue du phénomène qu'est devenu l'évènement qui a successivement quitté le Cnit puis la Porte de Champerret pour le loger à Villepinte.


C'est bien simple : aujourd'hui la Japan Expo - couplée à l'édition française du Comic Con pour la seconde année consécutive - ressemble enfin à tout ce qu'on avait rêvé qu'elle soit. Si les années précédentes, il me suffisait d'une ou deux heures maximum pour pouvoir se repérer à l'aise dans ses allées, aujourd'hui, j'ai simplement et littéralement passé mon temps à me perdre entre les stands de goodies, de bouffe, les panels d'éditeurs, les magasins, les expositions et les espaces de dédicaces ou de jeu. En faisant le tri de mes photos de la journée, je réalise tout ce que je n'ai pas pris, assommé par la masse. C'est bien simple, certains endroits avaient le pouvoir de nous transporter dans l'espace et le temps, tandis qu'une forte odeur de ramen imprégnait parfois les étroites allées inondées de marchants et de visiteurs. Bonheur ultime : la fête a enfin réussi à concilier le côté un peu corpo officiel des dernières années (on trouvait à l'époque et en majorité que des éditions françaises, ce qui apparentait le forum à une fnac géanté parsemée de quelques animations) avec la passion des débuts et l'import d'objets aussi précieux et convoités que rares (merci aux libraires tout droit venus du Japon, venus offrir leurs fonds de stock).


Mieux, les invités n'ont jamais été aussi nombreux. Qu'il s'agisse de la partie Comic Con (Les dessinateurs et les scénaristes de Comics y cotoyent les acteurs de séries telles que Merlin, Highlander ou Hero Corp) ou de la partie Japan (Hideo Kojima, les Morning Musume...), c'est tout simplement de la folie furieuse.
Si vous n'avez jamais participé, c'est le moment où jamais de sauter sur l'occasion.

Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici un petit aperçu en images. Je parlais de dépaysement, quoi de plus agréable que de se balader dans une foule remplie d'indigènes tout droit sortis de l'imaginaire collectif ?
Merci à tous les cosplayers, toujours plus inventifs et nombreux !


Autre source de dépaysement : les décors et les marchandises : Manger des bonbecs inconnus à coté d'une reproduction géante de Naruto, du bateau de One Piece ou de la maison de Tortue Génial : Priceless !


Saut dans le temps ensuite avec les monstrueux stands de jeux vidéos, plus nombreux que jamais, permettant de jouer à loisir aux antiques bornes d'arcade, mais aussi à la Nes, au Vectrex, à la Master system, au Spectrum (Metal Gear premier du nom !) entre deux tournois de Bomberman sur un combo Pc Engine-rétroprojecteur. Sans oublier le paradoxe temporel avec l'essai du dernier Castlevania de Kojima ou les démo publiques de Vanquish sur le stand Sega, une idée du pétage de rétine instantanné.


Autre comble du bonheur, une boutique miraculeuse offrait à la vente toutes ces merveilles : une Vectrex et un Pong, tous deux encore dans leurs boites d'origine aux côtés de cartouches Nes et autres joyeusetés qu'on croyait disparues depius toujours. Le tout à des prix alternant entre la bonne affaire et le pétage de cable de collectionneur fortuné ( 4€ la cartouche de Nes, 130€ le pacman lumineux à piles).


Continuons avec un petit tour du côté des figurines, avec d'une part la présentation de troublants générateurs de bave, et de l'autre d'inventives créations qu'on ne se lasse aps de retrouver d'année en année.


Enfin, entre les participants glorieux des stands Ankama (Mr Poulpe et Davy avec le Dvd de Karate Boy, Dara et son premier manga Appartement 44), Café Salé (et la publication des nouvelles élucubrations fantastico-historico-mystiques de la Grenouille Noire), j'en oublie et des meilleurs, le festival a saisi au vol l'opportunité de fêter les 30 ans de carrière de Tsukasa Hojo, maitre mangaka ayant bercé notre enfance avec Cat's Eyes et City Hunter (Nicky Larson). Un homme sans l'aide de qui le phénomène manga n'aurait sans doute pas la même ampleur de nos jours. A cette occasion, une "petite" exposition lui rendait hommage, avant qu'on ne lui décerne un Japan Expo Award d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.


J'en oublie beaucoup, puisque comme je vous l'ai dit, je n'ai cessé de me perdre dans les allées, un fait assez exceptionnel qui m'a poussé à pondre ce petit billet jusque tard dans la nuit (il est 3h du mat) pour vous faire profiter de tout ça, tandis que je me lève dans 4 heures pour replonger dans cette folie furieuse.
Finalement, la seule chose qui n'a pas changé, c'est que la Japan Expo (et le Comic Con, donc) ca devrait durer toute l'année.

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