vendredi 10 septembre 2010

Coup de coeur : The Uninvited

Comme je l'ai dit lors de ma review de Triangle, la simple présence au générique d'un film d'une actrice m'ayant marqué suffit souvent à me donner envie de le voir. Cette fois, c'est à cause du trailer du Sucker Punch de Zach Snyder que la talentueuse Emily Browning, que j'avais trouvé fabuleuse dans Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, s'est rappelée à mon bon souvenir (je vois tout de suite venir les critiques. Elle a une bouche de poulpe, et alors ? Gally aussi !). Allez savoir pourquoi, j'ai décidé, pour rattraper mon retard sur sa -courte- filmo, de me jeter en premier sur le thriller horrifique The Uninvited, ce au détriment du bien mieux noté A la dérive (Stranded en vo). Sans doute le fait qu'il soit beaucoup plus récent (2009 contre 2005 pour Stranded), qu'on y trouve des fantômes et que l'actrice Elizabeth Banks y participe également (celle là même vue dans Spider-Man, Scrubs, 30 Rock et le pourtant très moyen Zach & Miri make a porno) a pesé dans la balance.


Et me voici donc parti pour découvrir les aventures d'une jeune fille dont le père romancier et récemment veuf (David Strathaim, La vengeance dans la peau, Ames en stock) a décidé de refaire sa vie une infirmière à domicile (Elizabeth Banks, donc). La même infirmière qui s'occupait jadis de la femme malade du monsieur avant que celle-ci ne décède dans une explosion accidentelle. C'est bien sûr Emily Browning qui joue le rôle de la jeune et frêle Anna, bien contente de revenir à la maison pour y retrouver sa grande sœur Alex après avoir digéré la mort de maman dans un hôpital psychiatrique. Et les fatidiques questions destinées à diriger le métrage assez mollement de faire rapidement leur apparition : "Mais l'infirmière n'est-elle pas une grosse méchante ? L'accident en était-il un ?", vous connaissez la chanson.
 

Sur ce canevas somme toute classique, les réalisateurs anglais Charles et Thomas Guard arrivent tout de même à sortir leur épingle du jeu et à faire montre d'un talent indéniable. Pas que la mise en scène des apparitions fantomatiques de la défunte soient particulièrement originales et flippantes (quoique) ou que le script déborde d'inventivité. A ce titre, le film semble d'ailleurs cousu de fil blanc jusqu'à un dénouement vu mille fois, mais contrastant si bien avec le cheminement dramatique du reste du métrage qu'il arrive à lui redonner un ultime élan salvateur.


Non. le talent des frères Guard est ailleurs. Il est dans leur facilité à créer un suspense envoutant, à balader le spectateur de la réalité au rêve et inversement. The Uninvited, loin d'être un remake idiot de La main sur le berceau version ado, lorgne plutôt du côté des fright flicks asiatiques qui ont cœur à brouiller les pistes et à aligner les plans de réveil en sursaut. (Pardonnez-moi si je ne cite aucun exemple, il suffirait d'évoquer un seul titre -que tout le monde connait- pour tuer tout l’intérêt du récit et passer à côté des qualités du présent métrage). L'effet est d'autant plus réussi que la perception du spectateur est toujours brouillée par un glissement et une fluidité narrative tenant de l'hypnose, offrant une expérience presque onirique. Cerise sur le gâteau, de nombreux passages sont enrobés d'une musique qui ne jurerait dans aucun conte de fée filmique, soulignant cet étrange mélange entre la fable et le conte morbide. Des instants de grâce que beaucoup de réalisateurs ratent souvent dans les grandes largeurs et qui, ici, valent à eux seuls le coup d'oeil.

 
Alors attention : The Uninvited n'est encore une fois pas vraiment un grand film. C'est un films pour ados légèrement intimistes qui se dandine avec ses -gros- sabots, principalement quand il s'acharne a suivre un chemin balisé sans véritablement proposer de surprise (sinon les fulgurances soulignés ci-dessus). Mais paradoxalement, c'est aussi une œuvre qui gagne a être vue, ne serait-ce que pour ses cadrages nobles, sa photographie moelleuse, son atmosphère éthérée, lumineuse et chaleureuse. Bref, The Uninvited semble tomber à pic pour faire la transition entre les aventures féériques des Baudelaire et le futur asile décalé de Snyder. J'espère pour le coup sincèrement que les frères Guard sont promis à un grand avenir, et qu'ils auront la possibilité d’affiner leur art et d'apprendre à distiller plus avant la sève qui perce ça et là ici, histoire de  nous tenir en haleine durant tout un métrage. Là pour le coup, nous aurons une véritable perle.

Le Blu-ray de The Uninvited est disponible sur Amazon.co.uk pour moins de 10£. Le Dvd en coute lui à peine 4.43£.

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