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Friday, December 17, 2010

TRON L'Héritage : Critique (ou ode en fait)

(Nota Bene : si vous avez peur des spoilers, j'en dis moins sur l'histoire du film que la bande annonce, donc pas de craintes à avoir  ^__^)

En décembre 1982, Tron est le premier film que j'ai vu au cinéma, en compagnie de mon père. J'imagine que c'est en grande partie grâce à ce film que je suis devenu un geek, que je me suis passionné pour le cinéma, la  SF et tout ce qui touche finalement de près ou de loin aux univers imaginaires (d'aucuns pourraient en passant croire que ce blog lui est dédié en raison des nombreux articles que j'ai posté sur le sujet).
Il me semblait donc normal d'aller voir cette suite avec mon paternel. Gros coup de bol, alors que le métrage de Joseph Kosinski ne sortira en France qu'en Février prochain, j'ai la chance de passer mes vacances de fin d'année en Israël, là où crèchent mes parents. Là où, pas accessoirement du tout, Tron Legacy/ Tron l'héritage sort même un jour avant les States. 
Rien n'aurait pu m'empêcher d'aller voir ce film le jour de sa sortie, c'est donc chose faite. 28 ans après, presque jour pour jour (le premier est sorti en France un 15 décembre), j'ai replongé dans le "grid". Et je me suis repris un baffe. Une bien grosse qui marque.

Le St Graal du jour !
Pour ceux qui se posent la question, on a payé nos places moins de 11€
(9€ la première, et environ 1,50€ la seconde grâce aux avantages des cartes visa locales)
Mais petite parenthèse tout d'abord. En tant que cinéphile français et fan de films de genre en particulier, j'ai l'habitude -comme beaucoup- d'aller au cinoche le coeur empli de courage, prêt à affronter les longues files d'attente afin de chopper un ticket pour une première séance tant attendue. Arriver une heure en avance pour acheter nos places m'a ainsi semblé un peu djust', voire complètement déraisonnable. 
La semaine dernière, nous étions seulement 3 dans une salle à aller voir Kalevet la semaine de la sortie. Ok, c'était un film d'horreur, le premier du genre en Israël. "Bah, c'était un film de merde, aussi" me dira également un des employés du cinoche. Soit.  
En Israël, quand t'achètes ta place de ciné, tu choisis aussi son emplacement. Ça évite les rushs débiles à l'ouverture des portes. Mon père ne voulant pas se mettre trop près de l'écran, il a choisi nos places à l'avant-dernier rang. Arg. Et puis trois autres gars sont entrés pour se placer. Là, l'employé de la salle nous sort "Nan mais si vous voulez profiter du film, avancez encore de 5 ou 6 rangs". "_Et les autres qui vont venir ?"; "Y'a personne d'autre". Nous étions CINQ dans la salle, pour la seconde séance du film, à 19h10 ! (et oui, pour la petite histoire, nous avons avancé de cinq rangs sur douze). Je commence à me demander si les israéliens aiment finalement le cinéma. "Pour Harry Potter c'était blindax dès le début. Mais il faut généralement attendre un ou deux jours avant que le public se bouge". Ah... L'antithèse de la suprématie des trois premiers jours d'exploitation qui défini la carrière d'un film au US et en France. Nous verrons donc la semaine prochaine...

Mais où sont les spectateurs ? D'autant que Mega Mind est sorti le même jour...
Au moins on a évité les bouffeurs de pop-corn qui parlent durant tout le film !
Mais je vous entends au delà de l'écran, tels des Maurice Barthélémy impatients : "Tu vas la chier ta chiasse ? Il vaut quoi le film ?". Ok ok. Donc après la bande annonce du prochain Pirates de Caraïbes en 3D et l'annonce concernant les lunettes ("Certains passages sont en 2D, c'est normal, mais veuillez tout de même mettre vos lunettes 3D dès le début"), après ce warning, donc, Jeff Bridges raconte à son fils qu'un jour il est vraiment rentré dans un ordinateur. (Et moi d'introduire mon paternel aux films en 3D -malgré mes recommandations, il n'a pas vu Avatar au cinoche-. "Oua, c'est beau, c'est fantastique". Ouf !)

Si vous avez vu la bande annonce du film, vous connaissez la suite : Kevin Flynn (Jeff Bridges, qui parle comme le Dude !), à la tête de la société Encom dans les années 80, disparaît sans laisser de traces à l'aube d'une révélation d'importance. Son fils Sam grandira alors pour devenir un rebelle désenchanté, rompu à la version live et deux roues de Need for speed (il se fait régulièrement arrêter par les keufs et aime jouer, non sans style et skill, au chat et à la souris avec eux). Sam pourrait pourtant reprendre les rennes d'Encom puisqu'il a hérité de la majorité des parts de la boite, mais non. Il préfère se faire l'avatar d'une société libre et révoltée, toujours prompte à bousculer l'establishment au profit du peuple. 
Et puis un jour, Alan Bradley (Bruce Boxleitner), ami fidèle de son père et seul à encore croire en l’existence de Kevin quelque part dans une matrice, reçoit un appel de ce dernier, directement venu de sa salle d'arcade (le Flynn's du premier film). En allant voir ce qui se passe, Sam va découvrir une autre réalité et littéralement jouer bien plus que sa vie. 


Allons-y, Alonzo. S'il fallait résumer Tron Legacy en un seul mot, le premier qui m'est venu à l'idée est majestueux. La réalisation de ce nouvel opus est élégante : la narration est fluide et évite de céder à l'appel d'effets clipesques pour introduire ses protagonistes (seuls quelques flashbacks bien foutus font état de points clés passés). La photo est léchée, qu'il s'agisse de la réalité ou de l'univers numérique, chacun possédant ses codes de couleur -presque charnel pour le premier, d'une froideur manichéenne et design pour le second, quoique j'hésite à utiliser le mot froid tellement tout cela est magnifique-. J'ai beau avoir dévoré le artbook de nombreuses heures, on ne prend réellement la mesure de toutes les trouvailles des concept-artists qu'en voyant certains mechs en mouvement. A ce titre, les effets de mise en scène sont généralement sobres mais souvent impressionnants. J. Kosinski n'hésite d'ailleurs pas à mélanger les genres avec brio, pensant certains de ses plans tels des tableaux impressionnistes lourd de sens (comme c'était la norme avec tous les anciens films d'animation de Disney, certains se faisant écho) ou opérant quelques hommages évidents. Hommages au premier Tron tout d'abord (la fuite du terrain de light-cycles, les véhicules...), ainsi qu'à d'autres oeuvres de la culture informatique tandis que trois plans iconiques de Matrix sont repris en copier-coller. 


Même combat pour la musique. La Bande originale de Daft Punk s'intègre merveilleusement au film et lui fourni une énergie inouïe. Mais connaissant celle-ci par coeur, j'ai plus particulièrement été bouleversé par les effets sonores (du 8-bits partout jusqu'aux power ups lors de la course de Light-cycles) et le choix de la chanson de Journey Separate Ways (Worlds Appart), lorsque Sam rallume la salle d'arcade de son père et que tous les jeux vintage reprennent vie (je vous laisse retrouver tous les hits Nintendo & Cie qu'on entend à ce moment là). Ça m'a pris aux tripes.

Bref, voila véritablement un film qui fera date (tout du moins visuellement) et l'on est bien face à un spectacle dans le sens le plus pur du terme. Les scènes d'action, tout comme le film dans sa globalité, sont de véritables thrill-rides. Les premiers duels de disc ont de la patate et sont intelligemment pensés, la course de light-cycles en jette et dure assez longtemps pour ne pas faire office de showcase pour jouets. Et je ne parle pas de la multiple séquence de fin. Seule une baston avec (la sublime) Olivia Wilde, si elle est narrativement un des pivots du film, sent un peu le "tourné pas trop vite pour coller au angles de caméra choisi et pas trop se faire mal". Mais la chorégraphie excuse cela tranquillement. 


S'il fallait vraiment chercher la petite bête, je dirais qu'au delà du fait que Flynn jeune (et Clu pour ceux qui suivent) font vraiment persos en 3D, les décors intérieurs font à mon sens un peu studio. Pas dans leurs rendus, absolument impeccables, mais dans leur envergure. M'est d'avis que cela soit voulu afin de coller à l'esprit fermé et étouffant du Grid, sans contact avec les réseaux extérieurs. Mais cela empêche parfois le film d'offrir un monde aussi vaste que celui du premier film (logique, donc), et par conséquent au film d'avoir la même envergure. 


On ressent bizarrement le même effet en ce qui concerne le scénario. Celui-ci possède les avantages et les inconvénients d'une course en avant : Sam arrive dans le grid, découvre ce qui s'y passe, et le reste n'est qu'une fuite afin de retourner au point de départ. Une fuite bien structurée, blindée de surprises et de légers twists (une question me taraudais concernant le titre - à moitié réglée dans le sympathique jeu préambule Tron Evolution -, mais rien n'est laissé au hasard). Une fuite somme toute logique, mais une fuite none-the-less. Une impression qui est par ailleurs paradoxale puisque deux passages respiratoires d'exposition dialoguée cassent le rythme du film en imposant un tempo beaucoup plus lent, mais sans pour autant arriver à effacer cette impression de linéarité. (Je remercie au passage les tenanciers de la salle qui nous ont épargné la pause pop-corn de 5 minutes en plein milieu de séance, comme c'est encore la coutume ici).


D'aucuns n'oublieront ainsi pas de parler à tord de "vide scénaristique", d'"histoire qui ne va nulle part" ou tout simplement de film "sans fond", "sans densité". Des critiques infondées puisque la responsabilité individuelle, le totalitarisme, l'évolution de la technologie et de notre société sont des thèmes fort et bien traités dans le film, au delà de la simple évocation. Mais il est vrai que sa structure et l'énergie qui s'en dégage sont tellement prenantes, fluides et évidentes (pensez Avatar en pire, avec un caractère intimiste en plus) qu'elles arrivent à prendre le pas sur les sujets évoqués, quels qu'ils soient. Il y a fort à parier qu'encore une fois, Tron Legacy, comme son aîné décrié et boudé à l'époque, sera considéré par certains comme un film mineur et révélera toute sa richesse avec le temps.
Une véritable perle noire qui fera peut-être oublier le temps de la projo que que Tron, c'est chez Disney (je n'ai absolument rien contre Disney, bien au contraire, mais beaucoup semblent oublier ce fait, des ouvreurs de salles de ciné aux caissières des Disney Store (!) ). Une perle noire qui me donne toute confiance en J. Kosinski et en son futur remake du Trou Noir (oui, chez Disney également). Même s'il est beaucoup plus doué pour mettre en scène l'action  que les scènes de dialogue posé, voila un gars qui a de l'avenir !


Dernier point pour clore cette "critique", si je n'avais jusqu'à présent pas nécessairement envie de me chopper une télé en 3D, que ce soit pour Avatar ou pour le Resident Evil 4 3D gadget avec Milla Jovovich dans ton salon, Tron Legacy m'a pour le coup bien motivé tellement celle-ci est bien pensée, bien présente, et (je fais de la ré-ut') efficace et élégante. Oui, Tron Legacy est une somptueuse expérience sensorielle, et malgré ses menus défauts (certains volontaires et compréhensibles puisque scénarisés), je suis partant pour le faire entrer dans le top 5 des films que j'aurais vu le plus de fois au cinoche de ma vie. Rien de moins.

J'ai intérêt à bien en profiter avant mon retour. Ça va être long d'attendre février pour recommencer !!

Wednesday, July 14, 2010

Preview : Raiponce, le nouveau Disney de Noël

Grâce à mon poste de rédacteur chez Geek le mag et grâce également à nos amis de l'initiative How I Met Your Blogger que je ne remercierais jamais assez, j'ai eu le plaisir et la chance d'assister le 24 juin dernier à la présentation en avant première du futur Disney de Noël, Raiponce (ou Tangled dans la langue de Shakespeare).
Au cas où vous ignoriez tout de la chose, le département animation de chez Mickey adapte donc cette fois le conte éponyme des Frères Grimm pour la fin de l'année, le tout en images de synthèse et en 3D. Bien sûr, qui dit Disney dit que l'histoire originale a subi quelques changements d'usage, tant au niveau de l'aspect féérique que l'implication émotionnelle du spectateur, si chers à la firme.


Ainsi, et contrairement au conte originel, Raiponce (Rapunzel en V.o.) n'est pas ici la fille d'un pauvre couple dont la moitié féminine avait envie de manger des fleurs. Cette fois, tout commence lorsqu'une reine bienveillante tombe étrangement malade, et que le seul remède pour la sauver est une plante née d'une goute céleste. La plante est trouvée, la reine est sauvée, mais tout cela est très mal vécue par Mère Gothel, une sorcière qui utilisait la-dite fleur pour retrouver régulièrement sa jeunesse passée. Les propriétés magiques de la plante s'étant quelques temps plus tard retrouvées dans les cheveux de l'unique fille du couple royal (la Raiponce du titre, donc), Gothel kidnappe cette dernière et l'enferme dans une tour perdue et inaccessible. La sorcière élèvera ensuite l'enfant comme sa propre chair (avec les habituelles intentions malignes des méchants de Disney) en lui interdisant de mettre le nez dehors, car "the world is a dangerous place". Viendra ensuite Flynn Rider, un bandit qui trouvera accidentellement refuge dans la tour en étant coursé par la garde royale (pile le jour des 18 ans de Raiponce) et qui l'aidera à découvrir le monde.



Pour l'occasion, c'est l'ancien responsable des défunts studios de Montreuil et producteur Roy Conli (pour qui j'ai un immense respect depuis Le bossu de Notre Dame) qui est venu en personne nous présenter la chose, avec sous le bras tout un paquet d'images et de vidéos exclusives destinées à nous en mettre plein la vue. Après nous avoir expliqué la façon qu'ont les auteurs de Disney de concevoir leurs scénars (une histoire passionnante se déroulant dans une monde crédible et mettant en scène des personnages convaincants), le producteur s'est penché sur le challenge technique que représentaient les aventures d'une jeune fille aux cheveux longs de plusieurs dizaines de mètres. On se souvient du buzz qui avait entouré le film Montres et Compagnie rapport au rendu des poils de Sulley (le monstre bleu doublé par John Goodman), attendez vous à des remarques similaires concernant le rendu des vêtements et de la coiffure de Raiponce. Les programmeurs ont ainsi passé des mois à créer de nouvelles techniques pour que les étoffes (légères ou non, parfois sur plusieurs couches interagissants entre elles) et les cheveux de la belle s'animent de façon réaliste à l'écran, entre gestion de matières, problèmes de collision et nombre bluffant d'éléments à calculer (un être humain possède entre 100 et 150 000 cheveux !). Pour le coup, c'était vraiment impressionnant de voir dans le détail à quel niveau de réalisme ils sont arrivés.



Pourtant, au delà de la prouesse purement technique, bien d'autres aspects m'ont séduits lors de cette présentation. Tout d'abord, il est évident que je suis immédiatement tombé sous le charme de l'héroïne. Dessinée par Glen Keane, déjà responsable de merveilles sur La Belle et la bête, Tarzan, La petite sirène et surtout (en ce qui me concerne) Pocahontas, la miss possède ce quelque chose qui me parle immédiatement avec ses yeux globuleux et son pseudo caractère de cochon. Elle est à la fois naïve (elle n'a jamais vu le monde par respect pour les paroles de sa "mère" et a encore tout à découvrir) et énergique (elle en a marre de rester enfermée, tandis que sa première rencontre avec le séduisant voleur se solde à grands coups de poêle à frire dans la tronche dans une séquence inspirée d'Alien).  En clair, Raiponce est une héroïne moderne dans tous les sens du terme et nul doute qu'elle marquera durablement les esprits. De plus, l'aspect gadget de sa chevelure (échelle, balançoire, lasso, arme imprévisible...) parle évidement au cœur de tout geek qui se respecte et achève de faire de Raiponce un personnage qui se suffit à lui-même.


Le reste de la production recèle également de belles surprises : les side-kicks sont par exemple tous des psychopathes en puissance, comme ce cheval de la garde aux réactions de chien de chasse ou Pascal le caméléon, sorte de Jiminy Cricket de Raiponce dont la philosophie semble être "cogne d'abord , on posera les questions après". Visuellement, le film possède également de belles "trouvailles", comme la reprise des cérémonies de lampions asiatiques nocturnes, ici utilisées par le roi, la reine et la capitale tout entière chaque anniversaire de la naissance de Raiponce dans l'espoir que celle-ci la remarque (ce qu'elle fait chaque année en se demandant ce que c'est) et rentre au bercail. Une séquence qui promet beaucoup malgré son aspect "la chanson du film composée par Alan Menken parce qu'il faut des chansons dans un Disney". Rajoutons à cela un casting qui fait bien envie (Mandy Moore mais surtout Zachary Levi et Ron Perlman), une production design supervisée par Dave Goetz (qui avait déjà travaillé avec Ron Conli à Montreuil sur Le Bossu de Notre Dame), une morale moins cul-cul que d'habitude ("T'as 18 ans, bouge tes fesses, il est temps de sortir de ta coquille et de remettre en question l'ordre établi qui régit ton existence") et la volonté des réalisateurs Byron Howard et Nathan Greno (déjà à l'oeuvre sur Volt)de revenir aux sources de ce qui a fait le sucès de Disney à ses début (le duo ne jure que par Cendrillon et La belle au bois dormant). Cerise sur le gâteau, la promesse d'une conclusion légèrement tragique, puisque si happy end il y aura, le métrage commence par le bandit affirmant "voici l'histoire de ma mort".


Inutile de préciser que j'attends désormais la chose avec une grande impatience puisque Raiponce reprend mes deux mamelles préférées made in Disney : d'une part l'aspect relativement adulte du récit (pour le moment pas de gentil chien-chien ou de gamins à l'horizon, une goute de tragique) et celui rentre dedans de certains héros type Stitch (tartes, torgnoles, no boundaries style). Reste à savoir si j'irais le découvrir en salle dès sa sortie le 1er Décembre, ou si j'aurais le courage d'affronter les hordes de marmots qui se presseront lors de l'habituel présentation spectacle au Grand Rex à partir du 17 Novembre.

Pour finir une petite preview datant de l'époque où le film s'appelait encore Rapunzel en Vo. (A noter que la 3D rend vachement bien, c'est autre chose que le Last Airbender de tout plat de Shyamalan !)