Thursday, September 1, 2011

Sunday, August 21, 2011

J'attends - 1

J'attends avec une certaine impatience le jour où l'on pourra mettre des jpgs et des gifs animés sur nos t-shirts à 10€ lavables en machine.


Thursday, July 14, 2011

Chronique d'un feu d'artifice ordinaire

23h05. Et merde. Tranquillement assis devant la télé à checker mes mails avec en fond un épisode de la série A la maison blanche, j'entends que ça pète dehors. Je le savais pourtant, mais encore une fois, je me suis laissé aller à la routine. Flâner sur facebook, checker les mails. Et j'ai oublié que, comme tous les ans à Ivry, le feu d'artifice du 14 Juillet a lieu le 13 au soir. Et merde, je vais encore le rater.

Entre nous, je suis de mauvaise foi. Quand je dis « encore », je suis un peu défaitiste. Je ne l'ai pas raté l'an passé ni celui d'avant. Du coup, peut-être que cette année, il durera assez longtemps pour que j'en attrape un bout au centre ville, au pied des plots de lancement. Où sont mes godasses, où se trouve le blouson, est-ce que je prends le baladeur mp3 pour le retour, ne pas oublier les clés....

Je me prépare rapidement tandis que ça continue de claquer de partout. Rouges, vertes, dorées, multiples ou imposantes, les explosions de lumière se multiplient sans repos. 300 mètres à parcourir. Je n'ai jamais été bon pour la course. Endurance, sprint, j'ai l'impression de cracher mes poumons au bout de 50 mètres. Ce soir, pas trop. Quand je m'arrête pour reprendre un semblant de souffle, c'est plus par habitude. Le régime et la reprise du sport ont du bon.
Les rues sont désertes et les détonations se font de plus en plus fortes, violentes, présentes à mesure que je me rapproche du parc où a lieu l'évènement. J'entraperçois les reflets de lueurs mauves, roses, violettes entre deux immeubles. À travers les masses noires dessinées par le feuillage d'arbres encore massifs.

Et puis la foule, avec ses poussettes, ses merguez, ses jouets lumineux proposés par les sempiternels vendeurs de circonstance. Par chance, ou plutôt grâce à l'intelligence et la générosité d'un spectacle bien agencé, les feux d'artifice continuent de danser. « Oh, la belle bleue, oh la jolie trainée de poussière dorée ». Personne ne le dit vraiment mais tout le monde le pense.
En marchant, je me demande toujours pourquoi tant de gens restent en périphérie du réconfortant manège visuel tandis qu'il reste tant de place plus près, sous les explosions. Là où l'on peut entendre les musiques de Star Wars et Star Trek choisies par les équipes municipales. Il semblerait que quelques geeks trainent dans les locaux de notre chère mairie. Merci à eux.

Comme chaque année, le spectacle en vaut la chandelle, tant par sa longueur que par le foisonnement d'effets. Le ciel est en feu, la nuit n'en est plus une l'espace de quelques dizaines de minutes. Et puis vient le final.
Souvent, il m'arrive de ne pas savoir si j'ai bien fermé le gaz après avoir fait à manger. Dans ces cas là, tout en vérifiant la chose, je me dit toujours : « si je me pose la question d'entendre le gaz ou pas, vu le bruit que ça fait quand il est vraiment ouvert, c'est qu'il est fermé ». Et effectivement, j'ouvre le gaz et ça se vérifie.
Le bouquet final d'un feu d'artifice, s'il est bien fait, c'est un peu la même chose : si quand ça claque de partout, vous vous demandez si c'est la fin ou pas, c'est que la réponse est non. Pour le coup, c'est toujours amusant de voir les gens commencer à partir après une salve et s'arrêter en voyant que ça recommence. Une fois, deux fois, trois fois...

Jusqu'à l'ultime incendie de magasin de farce-et-attrape qui secoue les cieux. Les explosions sont si énormes que vous pouvez presque les toucher. Si proches que l'effet de perspective vous donne l'impression d'être en plein milieu d'elles, de marcher entre plusieurs douzaines de boules de feu multicolores. Et tout le monde applaudi, tout le monde siffle, tout le monde est content et rassuré, apaisé. Heureux d'être dans un état de semi-euphorie et de partage qui vous fait oublier les petits tracas du quotidien ordinaire. Les gamins courent, les ados flirtent, la piste de danse se rempli et les bières se vident.
J'aime me balader un peu dans ce genre de foule, regarder le monde avec un petit sourire intérieur. Content. L'humain est capable du pire comme du meilleur. Là, c'est la seconde partie, celle qu'on aimerait voir durer toute l'année. Celle où la seule couleur que l'on distingue dans la nuit est celle de jouets phosphorescents, encore eux, délimitant les silhouettes dans l'obscurité.

Comme d'habitude dans ces cas là, je souris à toute personne qui me regarde, histoire de le partager. Simplement. Et comme d'habitude, je tombe sur quelqu'un qui a envie de parler, de partager sa pensée profonde. Une pensée parfois nourrie d'occasions manquées, de vécu douloureux et d'un peu de pinard. « Ah, ils sont toujours là les fouteurs de merde » déclame ce Popeye mal rasé au traits creusés, désignant un groupe d'ados. Je dis « ados » car il paraît que le terme « jeunes » a désormais une connotation fortement péjorative.
Popeye fait semblant de tirer su un joint pour désigner les pratiques du groupe sus-cité.
«Toujours là pour foutre la merde !  De toutes façons, dans une heure la fête est finie. Dans une heure, plus de bal, hein. Y'aura plus de musique, dans une heure, tout le monde se sera barré. Moi je vais rentrer. Je demanderais à maman si elle veut une salade de crudité, elle me dira nan ». L'homme s'arrête alors pour regarder une autre bande s'amuser avec des feux d'artifice au beau milieu de la rue. Il tape cette fois le bout de gras avec la gentille prioritaire d'un petit chien qui fait ses besoins.

Le centre ville est à nouveau animé. Les gens rentrent tranquillement. Les poussettes s'activent, les arrêts de bus sont blindés.
Sur l'arête principale, à côté d'une station-service aux lumières éteintes, un autre homme, la soixantaine, tourne le dos à la route. Collé aux plots de la station, il tient - tel une tortue- son maigre blouson sur sa tête et donne l'impression d'avoir peur de bouger. L'image est d'autant plus pittoresque que le monsieur semble bien portant et énergique du haut de son mètre quatre-vingt. Sa compagne, elle aussi dans la même tranche d'age, s'impose comme une mère spirituelle en venant le rassurer pour qu'il reprenne la route. Je suis quelques mètres derrière eux. Nous traversons un passage piéton. Étrangement, le monsieur repasse rapidement son blouson au dessus de son crâne et se plante contre un mur.

Très vite je comprends qu'il est plus observateur que simplet quand un feu d'artifice nous manque de peu pour aller exploser sur une voiture un peu plus loin. La foule, calme jusqu'ici, est prise de panique. L'effet banc de poisson. A l'origine du coup de feu, un groupe de jeunes semble vouloir faire la révolution.
Surexcité, l'un d'entre eux court pour se placer au milieu de la route et fait feu sur un autre véhicule en criant. Rebelote, c'est de l'artillerie lourde. Le projectile fait la taille de ma tête et arrose une bonne vingtaine de mètres après détonation. La panique règne. La masse humaine se retranche tant bien que mal dans les rues environnantes. Quelques passants affolés arrivent à rejoindre leurs véhicules, havre de sureté qui permet à certains de retrouver la voix et d'apaiser la peur en faveur d'autres sentiments. « C'est toujours pareil avec eux, sale race ». « Ils sont fous, ils tirent sur les flics ».

Le cerveau humain fonctionne souvent de façon étrange. Cela fait maintenant quatre ans que j'œuvre ici et là comme journaliste, mais ça m'a toujours gêné d'utilisé ce mot. Pigiste, rédacteur, chroniqueur, d'accord. Mais « journaliste », y'a toujours un blocage. Impossible de me mettre au niveau de ceux qui risquent leur vie pour suivre manifestations et conflits armés au quatre coins du monde. Qui se font kidnapper ou tuer pour nous livrer informations et images. Pour nous permettre de voir réellement ce qui se passe ailleurs. Clairement, c'est un autre niveau d'implication personnelle, d'engagement, comme en témoignent par exemple les différentes expos visibles actuellement ou non à la maison de la photo (j'en parle parce que j'y suis allé il y a peu).

Cris, hurlement, folie, et presque comme un mouton, j'allais faire la même chose que tous, me retrancher vers la sureté. Mettre sur ma tête l'apaisant blouson de la distance. Allez savoir pourquoi, je me suis arrêté net au premier pas en arrière. Peut-être que j'allais rater quelque chose d'important. Quelque chose que je n'aurais peut-être pas l'occasion de revoir ça un jour. Revoir ce quelque chose qu'il me fallait observer pour comprendre un peu mieux où je vis. « Avance. Ne ferme pas les yeux. Regarde ». Encore une pensée complètement conne, j'aurais pu me prendre une grosse boule de feu dans la gueule.

Encore une fois, je ne suis pas journaliste d'actualité ou reporter, et loin de moi de me comparer à ces grands hommes. La seule chose que j'ai en commun avec eux, c'est la curiosité.
Ce soir, après les habituelles pétarades nocturnes officielles, j'ai avancé vers ce qu'on ne voit qu'à la télé. Vers ce carrefour où les « jeunes » s'amusaient à tirer un peu partout, selon une cadence réglée par la longueur de mèches de pétards et autres fusées. Pour le coup, je sais maintenant ce que ça fait de voir un feu d'artifice de gros calibre vous foncer dessus avant d'éclater et de se désagréger de part et d'autre en arc en ciel flamboyant. C'est à la fois effrayant et magnifique, mais je ne pense pas que le risque en vaille la chandelle.
Bille en tête, avec une confiance insolente, je suis pourtant resté au milieu, à observer. A voir une bagnole de flics faire demi tour et s'apprêter à foncer sur les sauvageons pour les appréhender. A voir qu'elle s'arrête net dans ses intentions quand une seconde caisse pilotée par les collègues se fait tirer dessus à bout portant. A voir la carapace métallique pisser de la lumière et partir en retrait, rejoindre sa collègue dans l'espoir que les choses se calme. Préparer une offensive ? Foncera dans le tas, foncera pas ?

Dans le « feu » de l'action, la tension me semble bizarrement absente. Pourtant, j'imagine les flics se demander quoi faire, avec une envie de bondir mais de calculer les risques. J'imagine que le groupe se prépare à réagir. « On fait quoi, on se barre? on reste ? ». Pan, encore une trainée de lumière qui dégage avant de retentir. Mon instinct m'hurle de bouger la tête pour éviter d'éventuelles étincelles, mais non. Mon envie de vivre la chose me pousse au stoïcisme. Le carrefour s'immobilise dans le temps. Personne ne bouge.

Puis vient le constat idiot. L'aftermath.
Les flics étant en retrait sur la route bloquent les nouvelles voitures qui arrivent et essayent de passer. Coups de klaxons. Les feux passent au vert. Si les conducteurs qui ont assisté à la chose ne bougent pas, d'autres, fraîchement arrivés, se demandent pourquoi ces cons n'avancent pas. Ils finissent par doubler, bougons, vexés comme des parisiens dans leur liberté de circuler.
Au bout d'un moment, les voitures de police se déplacent et, après avoir campé côte à côte, adoptent la file indienne pour permettre aux autres de dégager.

Les flics attendent, les jeunes sont partis, les renforts de viendront pas.

Peu à peu, les choses se calment. Le trafic ne transpire plus d'aucun souvenir de rixe. J'essaye de suivre le bruit après quelques minutes, mais les explosions se font de plus en plus lointaines. Les voitures de flics me dépassent enfin pour disparaître au bout du boulevard.
Plus rien à faire, reste à rentrer.

A côté de la poste, un gamin de douze ans fait claquer un pétard bien sonore avant de se retourner tout désolé vers une grosse mama qui commence à l'enguirlander dans une charabia venu d'Afrique noire, occupée qu'elle était à discuter avec ses copines. « Désolé » dit-il pour éviter la baffe maternelle.

Deux jeunes filles se courent après avec le sourire. Quelques explosions résonnent au loin, sans rapport avec l'affrontement qui vient d'avoir lieu. Les choses reprennent leur cours, la joie de vivre, le dessus.

Sur le parvis de la mairie, l'alarme d'une voiture s'entête à appeler au secours sans visiblement avoir été provoquée. A ses côtés, un gars d'une autre époque, grisonnant dans son blouson en jean, zieute avec hésitation un tas de vieux livres jetés sur le sol à côté des poubelles. L'image m'en rappelle d'autres.

Si j'avais eu une caméra, tout cela aurait fait un beau plan séquence. De ceux qu'il est infernal de planifier. Dommage, peut-être l'an prochain. Une musique familière résonne faiblement en provenance des mes écouteurs. J'avais oublié d'éteindre mon walkman en arrivant au feu d'artifice.

Dans ma rue, deux gros camions sont arrêtés. Ils sont reliés par un câble de batterie.
La première chose que j'avais envie de faire en rentrant fut d'écrire.  

Wednesday, March 30, 2011

TEST : MOON DIVER

En grand fan du Strider Hiryu de Capcom, j'attendais ce 30 mars avec impatience. La raison ? C'est aujourd'hui que Moon Diver, le nouveau jeu de Isuke, est mis à disposition sur le Playstation Network. Mais qui est cet Isuke me direz-vous ?


Isuke, c'est Kouichi Yotsui, un monsieur qui a travaillé chez Capcom en tant que background designer sur Ghouls'n'Ghosts et Bionic Commando, ce avant d’intégrer les équipes de développement et de s'occuper de la production du célèbre hit culte de 1989. Un jeu -Strider, donc- qui marquera sa carrière à plus d'un titre puisque s'il ne fait pas partie de l'équipe qui mettra en scène sa séquelle (en fait un remake remis au gout du jour), un de ces jeux suivants, Osman/Cannon Dancer (édité chez Mitchell Corp.), est toujours considérée comme sa suite spirituelle. Une saga qui se transforme aujourd'hui en trilogie ce troisième opus qu'est Moon Diver (un temps appelé Necromachina), cette fois sous l'égide de Square Enix. 


Comment résumer Moon Diver ? Disons que c'est un peu Strider avec de l'Xp et une option multijoueur. Difficile de résumer l'objet autrement tant Moon Diver partage de points communs avec Strider et Osman. Niveau gameplay tout d'abord : s'il utilise plus de deux boutons cette fois, la manière de contrôler les héros reste sensiblement la même. Protagonistes principaux du jeu, Seyfert (en référence au cypher, l'arme emblématique du strider) et ses trois comparses se battent et bougent exactement comme Hiryu : ces messieurs-dames s'accrochent partout, combattent à l'aide d'armes blanches -à charge- dévastatrices et n'oublient pas de se faufiler entre les ennemis et d'esquiver leurs tirs grâce à la toujours présente glissade. Histoire de profiter au mieux des possibilités de la manette et de structurer le gameplay de façon plus technique, la glissade possède désormais sa propre gâchette dédiée. Un choix judicieux qui évite de se mélanger les pinceaux et offre une maniabilité d'autant plus instinctive qu'il est désormais impossible de glisser ou se baisser en voulant tomber d'une plateforme, cette dernière action (se baisser) étant également disponible de façon similaire. C'est un coup de main rapidement adopté vu son côté pratique.



Autre similitude avec Strider et Osman, Moon Diver est porté par un trame narrative qui repose sur un conflit géopolitique fort et un bad guy charismatique comme on les aime (une illustration et une réplique -"tuez tous les humains"- suffisent à poser le décor). A l'image de Strider 2, il sera de plus possible de choisir son stage de départ, chacun étant découpé en diverses sous parties. Difficile de savoir si Isuke à voulu rendre hommage au travail effectué sur la séquelle de son grand hit, ou s'il désire se réapproprier la chose, mais une chose est sûre : c'est loin de me déplaire. Inutile de dire qu'avec tout cela, on retrouve très rapidement ses marques pour se concentrer sur les quelques nouveautés présentes dans le titre. 


Première grosse nouveauté, donc, l'introduction d'un système d'xp ouvrant la porte à une customisation exacerbée des protagonistes. Chaque level obtenu donne tout d'abord droit à un point d'acquis, nécessaire à l'évolution d'une des trois barres de compétences du chara : vie, force et magie. Car à l'instar du précédent Osman (dans lequel elle singeait celle du ninja de Shinobi), la magie est un des point clés du gameplay de Moon Diver.  Implémentation automatique du nombre de combos, projectiles en tous genre, sorts de protection ou régénération, impossible d'en éluder le recours quand on se retrouve face à une armée de moustiques robotisés, de fantassins aguerris et de tourelles revanchardes (trois ennemis encore une fois directement issus des deux titres précédents). Sans oublier les inévitables boss géants. 


Des sorts qui vont de plus pouvoir être partagés. Car l'autre grosse nouveauté de Moon Diver est la possibilité de jouer jusqu'à quatre joueurs en simultané, en local ou en réseau (pour une fois, l'un n'est pas implémenté au détriment de l'autre !). Autant Castlevania : Harmony of Despair était une véritable tannée en solo et ne gagnait en intérêt qu'en multi, autant Moon Diver se joue très bien tout seul et motive d'autant plus le joueur réticent à tenter l'aventure. Moi qui suis d'habitude très fermé à l'aventure, je pense que je me laisserais volontiers tenter une fois le mode story achevé, retourné et un bon paquet de levels acquis. 


Maniabilité répondant au quart de tour, stages colorés et variés, level design agréable à mi-chemin entre l'impression de déjà vu et la nouveauté rafraîchissante, océan de possibilités entre la customisation du gameplay et l'aventure en multi, Moon Diver fait tout pour séduire et s'impose sans conteste comme le digne héritier des deux seuls jeux que j'ai acheté pour ma borne d'arcade. Impossible donc pour moi de faire l'impasse dessus, et il y a fort à parier que malgré des graphismes en 3D (réhaussés par une belle galerie d'illustrations), les oldschool gamers y trouvent un plaisir non feint. Décidément, entre Moon Diver, Hard Corps : Uprising (sorte de Contra bourrin lui aussi customisable) et Islands of Wakfu (sorti ce jour également sur le Xbox Live, et sur lequel je reviendrais sans doute rapidement), c'est noël bien avant l'heure pour les vieux geeks ! <3

Pour ceux qui veulent une note, c'est évidemment du 6/6. Moon Diver est disponible sur le PSN pour 14,99€ et le sera courant avril sur XBox Live.