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Friday, July 16, 2010

Fantasme came true : The Adam Hughes Artbook

Quand j'ai commencé à m’intéresser aux comics durant mon adolescence, j'ai rapidement adopté une approche qui est encore la mienne à ce jour. Alors que tout le monde se passionnait pour les aventures de héros tels que Batman, les X-Men et autres héros en collants, cet univers ne m'a réellement convaincu que lorsque je vis le travail d'artistes au trait particulièrement prononcé et reconnaissable. Je n'ai ainsi commencé à consommer sur Comic book en grande quantité qu'à partir de la découverte de gens tels que Jae Lee, Mike Mignola, Todd McFarlane, Alex Maleev, Travis Charest et consort. Mon premier choc, je l'ai réalisé plus tard, avait d'ailleurs été de nature similaire avec la Division Alpha de John Byrne. Et donc, sans spécialement suivre de héros ou d'histoires précises, je me suis mis à suivre uniquement des artistes.

S'il y a un nom que j'ai fait exprès de ne pas citer dans cette liste, c'est tout simplement parce qu'il est l'objet de ce post. Combien d'après-midis, combien d'argent dépensé à acquérir le travail de cet énorme artiste qu'est Adam Hughes ? Combien de pensées dirigées vers lui alors que j'attendais comme beaucoup d'autres -en vain- que le monsieur se remette aux comics après être tombé dans le piège (lucratif pour lui, désespérant pour nous) des couvertures de BD ?
Après de fabuleux panflets tels que (dans le désordre le plus total)  Gen 13 : Ordinary Heroes, quelques pages dans les Penthouse Comics, les débuts de Ghost et du Justice League (de la bonne page parfois glanée à prix d'or), Monsieur Hughes a ainsi progressivement délaissé l'art de la BD (de full comics, il est passé à des guests appearences de 2 ou 3 pages puis plus rien) pour se focaliser sur l'illustration pure. Loin de moi de regretter cette décision de sa part étant donné la qualité du travail accompli (et puis chacun fait ce qu'il veut de sa life, hein), mais ce serait mentir de dire que je n'ai pas déprimé à la vue chaque mois de ses couvertures de Cat Woman et de Wonder Woman, moi qui m'était juré après une coûteuse passade de ne plus jamais acheter de comics simplement pour leur couverture.



La suite coulait de source : comme tous ses fans, j'ai prié pour qu'un jour soit édité un livre d'art, un Artbook comme il en existe tant au Japon, regroupant sinon tous ses travaux, au moins une grande partie. Hallellouia mes frères et soeurs, DC, dans sa grande mansuétude, a répondu à nos prières. Oui, les responsables de cette grande maison d'édition ont étés touchés par la grâce et nous ont offert, à la fin du mois de Juin, la collection des travaux de l'auteur en leur sein. Cover Run : The DC Comics Art of Adam Hughes ne reprend certes pas tout le travail de l'auteur forcément aucune trace de son taf sur X-Men ou Star Wars sans parler de myriades d'autres trucs...), mais étant donné que celui-ci a principalement travaillé chez DC (et beaucoup plus qu'on ne le croyait à l'époque puisque Wildstorm a été racheté par eux), le pavé de plus de 200 pages en papier glacé est particulièrement bien garni !


On y retrouve les débuts de l'artiste (Justice League, Legionnaires, une Voodoo incroyablement suggestive), 75 pages consacrées à Wonder Woman, plus d'une cinquantaine à Cat Woman et une dernière galerie consacrée à divers projets, de Supergirl à Power Girl en passant par Gen 13 et Superman. Le tout est agrémenté des paroles de l'auteur : une intro rigolote bien que perturbante, une note sur ses influences, pour la majorité, les couvertures sont accompagnées de commentaires et de croquis, et quelques doubles pages consacrées à l'adaptation de ses dessins en figurines, T-shirts et autres posters.


Assurément un achat indispensable, surtout pour les 27$ qu'en demande Amazon.com. Et même pour les 40€ qu'en veulent les magasin de St Michel, ça vaut le coup.

Pour en voir plus, je ne saurais trop vous recommander d'aller faire un tour sur La page Deviant Art du bonhomme, assurément l'un des plus grands cover artists de notre époque.

Thursday, June 17, 2010

Grimoire NieR : Artbook review

L'an dernier, une amie -la même qui a inventé l'expression "poutrer du zombie tout en restant féminine" dans la pré-bande-annonce du documentaire Suck My Geek- m'a pointé du doigt la vidéo d'un jeu qu'elle attendait avec impatience entre le futur Castlevania supervisé par Hideo Kojima et God of war 3. Ma réponse à l'époque : "Qu'est-ce que c'est que ce truc ? c'est moche !".
En y repensant, je me foutrais des baffes. Des grosses, qui marquent.



Vu le titre du présent articles, ce jeu, c'est bien évidemment, NieR de Square Enix, et j'ai eut la chance par un heureux concours de circonstances de me jeter à corps perdu dedans à quelques semaines de sa sortie. Quelques détails ici et là faisaient état d'un third perso shooter dont les ennemis vous attaquent avec des paterns de shoot'em up, quelques reviews passionnées à contre courant des vrais sites reconnus, l'attendu baisse de prix sur Amazon.co.uk (19€ au lieu des 70€ qu'on trouve en France) et me voici plongé à corps perdu dans cette œuvre. Car il s'agit bien d'une œuvre, passionnante, à la musique fabuleuse, et aux différents niveaux d'intrigues boostés par un new game + qui prolonge l'expérience et apporte un nouvel éclairage sur l'aventure.
Et puis visuellement, soyons honnêtes : après y avoir tâté, force est de reconnaitre que le jeu n'est pas moche : disons plutôt que ses décors sont vides, comme ceux d'un Ico ou d'un Shadow of the colossus avec lesquels il partage d'ailleurs sa gestion de la lumière et une partie de son ambiance. Si NieR n'atteint tout de même pas le niveau de sublime des œuvres chapeautées par Fumito Ueda (la faute en partie à un aliasing certain), le fait que NieR y fasse plus que fortement penser devrait pousser quiconque ayant un peu de jugeote à le considérer sérieusement. Rajoutons à cela le fait que chaque niveau rend hommage à un grand pilier de la culture otake (Evangelion ici, Zelda là, en passant par les jeux d'aventure à texte, les shmeup et autres réjouissances).



Tout cela pour dire que dès le début de la quarantaine d'heures de jeu que m'a offert NieR (moi qui trouve qu'un TPS se doit de tourner autour de 10-15 heures), je suis tombé amoureux de ce jeu, de sa musique (encore une fois), et de sa direction artistique (digne d'une PS2 diront les mauvaises langues. Allez retourner jouer à FF13 les p'tis gars). Forcément, quand j'ai entendu qu'un livre mi-guide mi-artbook reprenait ses artworks, je me suis empressé de mettre la main dessus (merci Yesasia, qui, quand ils ne proposent pas un bouquin, peuvent tout de même voir si un de leurs fournisseurs de l'a pas dans un coin de catalogue. Et miracle, ce fut le cas).


GRIMOIRE NieR est le nom de ce livre.
Acheter un artbook à l'autre bout du monde, c'est un peu le coup de poker quand on ne peut pas voir ce qu'il contient. Fort heureusement, et comme sur le jeu, j'ai bien fait de parier sur ce bouquin. Pour environ 25€ (ne croyez pas les gars sur Ebay qui le vendent aussi cher que le jeu en grande surface), on trouve 224 pages emplies de texte (forcément) mais aussi de magnifiques images, qu'il s'agisse de croquis de concept arts, de screenshots ou d'illustrations diverses. A noter que le bouquin couvre les deux versions du jeu, à savoir NieR Gestalt (seule version dispo en occident) et NieR Replicant, uniquement dispo sur PS3 au Japon. La seule particularité majeure de cette dernière réside dans le fait qu'un jeune garçon remplace le héros de la version occidentale, un père qui cherche à sauver sa fille d'un mal étrange. Dans Replicant, c'est son frère qui se charge de cette tâche, donnant au jeu une tonalité plus shonen. 

Pour revenir à nos moutons, voici le rundown de la bête (la première page de chaque section est entre parenthèses car il s'agit d'une page de garde):

(006)-016 : pages d'illustrations promotionnelles.
10 pages d'illustrations, certaines dessinées, d'autres en CG.



(017)-040 : character guide
Chaque personnage à droit à se présentation avec une illustration faite main (mis à part le roi de Facade et Grimoire Noir qui n'ont que des CG), quelques screenshots et du texte décrivant ses caractéristiques (sexe, taille, age...), son background, ses particularités et sa relation avec le héros.



(041)-078 : story guide
Abondamment  illustrée (majoritairement par des CG mais aussi par quelques illustrations), cette partie reprend tous les chapitre de l'histoire, détaillant même les quatre fin possibles.



(079)-152 : game guide
La partie technique/statistique du livre. Tous les chiffres, toutes les maps, tous les recoins du jeu y sont explorés dans le moindre détail : le nom de chaque endroit, les point de vie et de résistance des boss, où trouver tel item, the works.



(153)-190 : concept design
Sans doute une des plus intéressantes du bouquin pour qui aime les beaux dessins puisque la première partie de cette section dévoile sur une dizaine de pages les dessins qui ont servi à l'élaboration des modèles 3D de certains persos, ainsi que les concepts arts initiaux avant que la direction artistique ne s'arrête sur les looks définitifs.


Une seconde partie (4 pages) revient sur le schéma des évènements se déroulant dans le jeu (une sorte de chronologie). La troisième partie se penche sur les armes de NieR (design et histoire des 34 armes disponibles)avant qu'une quatrième et dernière partie ne s'attarde sur quelques back-stories, celle d'Emile, les lettres reçues durant le jeu, et une interview des producteurs illustrée par les costumes alternatifs (en eptit, mais ils sont là) à débloquer dans le DLC.


(192)-224 : Short stories : the secrets
Cette dernière partie (principalement du texte) condense un petite variété d'histoires. Ne parlant pas le japonais couramment (loin de là, malheureusement), je ne pourrais vous dire s'il s'agit des textes disponibles dans le jeu ou d'autres backstories créées pour l'occasion (vu la mise en forme, je pencherais cependant pour cette dernière option).

En résumé,un beau bouquin qui vaut vraiment son pesant de cacahuètes (surtout vu son prix, 1900¥ soit 17€, comptez généralement un peu moins du double pour les commissions et les frais de port). Indispensable pour tout fan du jeu amateurs de beaux bouquins, ne rechignant pas à avoir dans leur étagères de magnifiques illustrations, même garnies de texte indéchiffrable (et si vous parlez japonais, il n'y a aucune hésitation à avoir). Quand à ceux qui ont une âme d'artiste et n'ont pas encore essayé le jeu, vous attendez quoi ?

Dimensions : 25.8 x 18.4 pour 224 pages, soit un peu plus que l'épaisseur d'un bon manga.
Dispo sur commande sur amazon.co.jp et de façon plus comprehensible pour les gaïjins sur le site  de Yesasia.

EDIT le 27/12/2017 : Une traduction en anglais du artbook est disponible à cette page.
Un grand merci à l'équipe qui s'est chargée de tout ça !